Empirique expérimentale exponentielle, la psychanalyse urbaine est une science ouverte à tous. A priori tout le monde peut jouer. Lorsque la proposition d’interprétation cognitive est reconnue par nos services comme étant suffisamment pertinente, elle devient une contribution. Toutes les contributions sont rassemblées dans un ouvrage de référence baptisé :
Contributions à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine
Il s’agit d’une batterie de concepts qui permettent d’alimenter le travail d’analyse pour toute personne se réclamant de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine.
« L’analogie existant entre le processus de civilisation et la voie suivie par le développement individuel peut être poussé beaucoup plus loin, car on est en droit de soutenir que la communauté elle aussi développe un Surmoi dont l’influence préside à l’évolution culturelle. Ce serait une tâche bien séduisante pour un connaisseur des civilisations que de poursuivre cette analogie jusque dans ses détails... »
Sigmund Freud. Malaise dans la civilisation, contribution à la grande histoire de la psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P. 7.
« Le psychanalyste ne s’autorise que de lui-même. »
Jacques Lacan. Contribution à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P 9.
« L’étude attentive du rôle joué par un Surmoi dans les manifestations du processus culturel me semble devoir promettre à qui veut bien s ’y appliquer d ’autres clartés encore... Si l’évolution de la civilisation présente de telles ressemblances avec celle de l’individu, et que toutes deux usent des mêmes moyens d’action, ne serait-on pas autorisé à porter le diagnostic suivant : la plupart des civilisations ou des époques culturelles – même l’humanité entière peut-être - ne sont-elles pas devenues « névrosées » sous l’influence des efforts de la civilisation même. »
Sigmund Freud. Malaise dans la civilisation, contribution à la grande histoire de la psychanalyse Urbaine. P 7.Trad. Marie-Laure Cazin. P 11.
« C’est que la Psychanalyse Urbaine est ma création […]. Je crois même pouvoir affirmer qu’aujourd’hui encore, où je suis loin d’être le seul Psychanalyste Urbain, personne n’est à même de savoir mieux que moi ce qu’est la Psychanalyse Urbaine, en quoi elle diffère d’autres modes de l’exploration psycho-urbaine, ce qui peut être désigné par ce terme ou ce qui pourrait être mieux désigné autrement. »
James lawson. Contribution à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P 7.
« L’ANPU ne peut pas être une organisation massive et ne saurait même accepter [...] des disciples. [...] L’ANPU ne peut être qu’une conspiration des Égaux, un état-major qui ne veut pas de troupes. Nous n’avons pas envie que les gens deviennent des moutons alors arrêtez donc de nous demander d’être des bergers... »
Bill Tefal. Contributions à la grande Histoire de la psychanalyse Urbaine. P 31.
« La psychanalyse urbaine n’existe pas. Elle est, pour Laurent Petit, une tentative de capter une ville, un être-ville, à travers ses dynamiques, mais aussi ses refoulés, ses traumatismes et ses complexes, inscrits dans l’identité et dans la mémoire d’une ville. Aussitôt dit, se mobilise différemment la perception que l’on a d’un environnement de faits.
La ville est une entité physique, vivante et mouvante. Elle a aussi un caractère, une dimension psychique, qui touche le collectif et qui l’imprègne parfois. La ville secrète des valeurs paradoxales, des éléments dissonants, des symptômes parfois, issus de l’histoire et qui resurgissent dans son actualité.
A ce titre, la ville est un organisme en questionnement qui se réfère à son ascendance et produit une descendance. La ville est parfois en conflit avec elle même pour asseoir sa propre identité. Les acteurs et les décideurs jouent un rôle majeur dans cette quête. Ils induisent des comportements, des facteurs d’élévation, de doute ou de dépression. Entre « survalorisation » et anémie, il existe tout un panel d’états de villes qui les caractérisent dans leur rapport à l’autre, à l’intérieur, à l’extérieur.
Ainsi naît la ’psychanalyse urbaine’, science fondamentalement inexacte mais plutôt forme d’art dramatique, au sens d’un art de la représentation, d’un art du jeu, qui permet d’appréhender avec plaisir ce qui autrement pose problème. »
Maud Le Floc’h pour le pOlau –pôle des arts urbains- Tours Contribution à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P 607.
« On constate, en effet, aujourd’hui, une sorte de course vers la nouveauté pour la nouveauté, vers l’innovation pour l’innovation et le triomphe du jeunisme. Une vie d’artiste dure, au bas mot, quarante à cinquante ans. Alors qu’une politique artistique ne dépasse pas cinq à dix ans et une mode, deux ou trois ans. Il faut que celle-ci rapporte tout de suite. Il y a une sorte d’artificialité du marché de l’art qui rentre en concurrence avec les canons de l’art. Il faut réintroduire dans l’art la distance du temps.
Nous devons avoir une approche bienveillante du passé, du présent et du futur.
Le drame est que le dernier discours politique audible que nous avons entendu sur la ville, c’est quand même la déclaration du président Georges Pompidou quand il disait : " Il faut adapter la ville à l’automobile ". On y est arrivés. Ce projet a été effectué. Maintenant, il faut peut-être poser et entendre un autre discours, un autre récit... et je me marre d’entendre le récit de la mort des récits, puisque c’est de cette mort dont nous souffrons, et de ce récit dont nous avons besoin pour que le projet redevienne la médiation qu’il mérite d’être. »
Paul Chemetov. Contribution à la grande histoire de la Psychanalyse Urbaine. Trad. Marie-Laure Cazin. P 204, 305, 505.
« Jack l’Eventreur et le Londres de 1888 sont intimement liés, psychogéographie d’un carnage urbain, paradigme de la violence à venir, aveugle, chirurgicale et brutale. Jack l’Eventreur, monstre contemporain, a ouvert la voie à un siècle de crime et de boucherie, le XXème siècle.
Iain Sinclair a marché dans les pas de John Betjeman et produit une véritable psychogéographie de Londres à travers un itinéraire quartier par quartier (le plus connu étant son livre sur Whitechapel et l’East End), une évocation de la mythologie de la M25 (la grande autoroute, omniprésente chez Ballard et d’autres) et surtout un recueil de textes monumental sorti il y a un an ou deux maintenant et baptisé : London, city of disapearances (aucun n’a été traduit à ma connaissance).
Sinclair y coordonne des interventions romancées, chroniques, nouvelles, poèmes écrits par un tas de gens bien comme Ballard, évidemment, mais aussi ses amis intimes, le vieux Moorcock ou bien sûr Will Self. Ce dernier, qui s’est amusé dans son Livre de Dave (bientôt traduit) à imaginer un Londres devenu tout à fait autre chose après une catastrophe naturelle et quelques siècles d’histoire, a aussi livré, dans ce registre, un indépassable ouvrage illustré par Ralph Steadman et qui reprend notamment un très beau trajet à pied entre l’aéroport de New York et son centre-ville, autant dire un cheminement que personne n’avait fait à pied depuis des lustres. L’écrivain anglais, pour ceux que ces thèmes intéressent, tient aussi colonne dans The Independent pour lequel il signe régulièrement quelques pieds intitulés « Psychogeography » et qui constituent, avec certaines séquences de William Vollmann, les plus beaux et vigoureux exemples de mise en œuvre de cette pensée fructueuse. L’enjeu représenté par la lecture des territoires urbains (les routes, les magasins, les quartiers, les parcs) est, pour les sciences, et pour la littérature, peut-être l’un des plus importants qui soit. »
Grey
