Drancy

Etude réalisée à Paris, du tant au tant.
Rendu en public le 12 septembre 2014 place de la République.

Un titre à l’opération ?

Un train vaut mieux que deux tu l’auras

Au train où vont les choses


Soit dit en passant :
« Y’ a quand même pas mal de stars qui sont passées par Drancy…
Malheureusement il y a peu de traces de ces passages, la presse people de l’époque n’ayant pas accès au camp de la Muette. »

Analyse du logo de la ville. Le D de Drancy est peu lisible. D-rancy. Le rance, du D de déportation peut-être… Attention, ce D a sérieusement la forme d’un boomerang ! Faut-il rebaptiser la ville ? Drancyng-club par exemple ?


Les origines

- 200 000 à -50 000 :
A un temps que le moins de 20 milles ans ne peuvent pas connaître, le territoire du futur Drancy était noyé dans le lac parisien (lac géant creusé par la Seine et la Marne)… Dès les origines, une névrose pointe le bout de son nez dirait-on ! Du lac parisien au marécage, de la flaque urbaine du grand Paris au marécage urbain. Attention danger !

Les premières traces humaines révèlent que la naissance de Drancy se fait à la croisée des chemins :
Dans son livre regards sur Drancy, le père Liegibel relève qu’à chaque fois qu’on cherche des traces de Drancy on tombe sur un chemin. La route des seuils ( future N2), la voie raccourcie (de Saint-Denis à Meaux )
Du chemin de pénétration, à la voie de communication, le début de l’histoire de Drancy s’inscrit dans le mouvement
Comme si la voie de Drancy était d’être toujours en mouvement, à la croisée des chemins. Le nomadisme et la marche en avant sont inscrits dans les gènes de la ville. Ce n’est pas le territoire de l’immobilisme ici !
Les hommes préhystériques, ne s’installeront que tardivement, et la raison se trouve en étudiant le caractère du père géologique du territoire : un père protecteur et nourricier à condition de ne pas se laiser engloutir par le caractère débordant de ce dernier. Le marécage, donnera un caractère flottant à la ville. Présence d’une forêt séculaire. Petit à petit les seuls êtres vivants pouvant s’adapter seront les moutons, pattes dans l’eau attrapant les quelques brins d’herbe émergés.

Ainsi les premiers drancéens devront commencer par sortir la tête de l’eau en érigeant des mottes leur permettant à la fois de dormir au sec et de voir l’événtuel ennemi venant de la plaine commune. Après cela, pendant des siècles il ne se passe à peu près rien quasiment jusqu’au 19e. Si ce n’est que certain prétendront que la naissance du maraîchage se fit à Drancy puisque ce nom désignait les cultures faites sur des terres récupérées sur les marais (drancéens biensur)…

En tant que propriétaire du château, la barone de Ladoucette est la mère fondatrice de la ville et contrairement à ce que suggère son nom il semblerait qu’elle était une femme à poigne. Bourgeoise d’origine, elle épouse le baron de Ladoucette. Ils auront une fille qui meurt jeune. En guise de deuil la barone fait vœux de chasteté, s’occupe des malheureux, se lance dans les bonnes œuvres. C’est pour cette raison qu’elle refusera de se faire pénétrer par le train de la révolution industrielle. ( la tradition voulant que les trains à cette époque pénétraient les villes fortifiées. Les villes enceintes accouchaient alors de faubourgs, futurs quartiers de ville à l’âge adulte ).
Ce refus est fondateur du caractère de la ville, et l’inscrit dans ce que certains qualifient de refus de la modernité par peur des ouvriers qui accompagnent en masse cette dernière. Des explications plus politiques mettraient ce refus sur le compte de chamailleries affaraistes : Le baron de La doucette aurait refuser que le rail passe sur ses terres, parce qu’il était ami avec un certain Péreire qui avait perdu la concession du chemin de fer dans la région au profit de Rotschild. Psychanalitiquement parlant nous retiendrons surtout une forme naissante de névrose liée aux transports, qui entrera en conflit avec le caractère dynamique de la notion de chemin vue précédemment.


Terre d’avant-gardisme en matière d’expérimentation architecturale et urbanistique

  • Les mottes, la glacière, la grille en forme de ronces, le mausolé en forme de fusée, la toiture terrasse du château
  • la cité jardin importée d’Angleterre
  • l’OP HBM de Seine qui poursuit l’élaboration de ces cités en les densifiant
  • Exploration jusqu’à l’extrème avec la cité de La Muette fleuron de l’architecture moderne dans les années trentes avec ces tours de 14 étages, alors qu’on était à peine sur à cette époque qu’un homme pouvait survivre plus d’une nuit à cette altitude. On dit même qu’il était prévu d’appeler la cité la meute, en hommage aux chiens courageux que l’on a envoyé en premier à la conquête de l’étage 14. Suite à une erreur de frappe la meute s’est transformé en muette. Kryptolinguistiquement parlant cette anecdote va se révéler particulièrement signifiante dans la traversée d’un trauma à nul autre pareil

Patrimoine mondiale de l’Unesco. Du fantasme à la triste réalité

- La Muette au patrimoine mondiale. J’en reste sans voix.

On décide de muséifier une architecture pour son histoire. Ok, il s’agit de l’enveloppe, mais tout de même. Il est de bon ton de s’interroger sur le fait de vivre dans des murs qui ont entendu passer quantités de malheurs. Soit, mais n’oublions pas que les gens qui vivent là iraient sans aucun doute ailleurs, parce qu’on ne choisit pas d’aller dans un logement d’urgence.Mais surtout, il est assez remarquable que ce bâtiment ait lui aussi participé très tôt à la reconstruiction de la France. Enfin retenons que si on avait du raser tout les camps nazis, beaucoup de villes se seraient vues amputées de quartiers entiers, parfois les plus beaux. C’est parce qu’on a décidé de loger des gens dans la cité de la Muette que la mémoire a été préservée. En fait, c’est parce qu’on a décidé de réhabiliter la Muette qu’elle a finit par rendre la parole aux morts, en livrant aux ouvriers les graffitis conservés pendant des décennies derrière l’habillage fait à la va vite pour loger les premiers habitants. Ainsi il est clair que la Muette devient un emblème de l’anti-muséification. C’est parce qu’on a maintenu le bâtiment en fonction qu’il a pu se révéler. Drancy doit donc sortir de son fantasme d’inscription au patrimoine (en témoigne la commande publique de la ville passée à un artiste qui a été chargé de représenter sur les boitiers éparpillés en ville un nombre certain de sites inscrits à ce fameux patrimoine). Drancy se doit aujourd’hui de lancer un contre projet patrimonial. L’urbanisme enchanteur encourage Drancy au développement d’un label qui saluerait les sites en perpétuel renouvellement et adaptation au monde contemporain. Ce serait le patrimoine mondiale des villes réversibles !! Ce serait le Label Bouge !

Drancy qui n’a pas hésité sentant le vent tourné pour l’Eglise à transformer l’église Saint-Germain en mairie, quite à déplacer le tombeau de la fille de Ladoucette. Drancy a su aller plus loin en rachetant le château aux sœurs pour le rendre à la population. C’est dans ce cadre qu’un urbanisme enchanteur va pouvoir naître, un urbanisme libéré de toute contraintes.


Le cœur de la névrose
Syndrôme de la petite maison dans le Grand Paris.
Drancy passe de la grande banlieue de Paris à la proche banlieue du grand Paris. L’esprit "campagnard" encore présent dans les années 80 disparaît.

Mais un esprit provinciale est à préserver à tout prix, face au Grand Paris qui à force de grandir finit par être obèse et ne cesse d’élargir de cran en cran sa ceinture.
Le début de la vie de ville de Drancy est secondaire. Résidence secondaire pour les riches parisiens qui viennent chercher l’air pur des campagnes le temps d’un week-end. Les Parisiens envhissent Drancy au point de se croire chez eux et Drancy se verra affublée de surnoms tels que le village parisien, Paris campagne, ou même l’avenir parisien.
Ils iront jusqu’à implanter un cinéma baptisé Le moulin rouge !

Comme si Drancy était prévenue qu’elle représentait l’avenir de Paris qui, lorsqu’étoufée entre ses remparts, puis sont périphérique et enfin sa petite ceinture, deviendrait le Grand Paris et engloutirait tel l’orgre tous les bourgs alentours. Notons au passage qu’en ce sens c’est peut-être Paris qui invente l’étalement urbain et aujourd’hui elle va carrément à contre courant en s’étalant telle une flaque urbaine, une tache d’huile jusqu’au grand Paris. Et ce depuis que le baron Hausmann chargé d’assainir Paris, fera disparaître les petite gens avec l’eau du bain. Ces derniers cherchant à se reloger sans argent iront acheter un lopin de marécage vers Drancy. Ces terrains achetés à l’économie donneront par exemple le nom au quartier de l’économie. Par la suite, c’est à dire aujourd’hui, une population encore moins riche éssaie de s’installer en inventant la densification spontannée des zones pavillonaires. Se logeant à plusieurs dans tous les recoins de la parcelle, il densifient à leur manière, acceptant d’abandonner souvent malgré eux une forme de confort que l’ensemble de la société de consommation occidentale se devrait de perdre pour exemple.

Pour revenir au Grand Paris il est indéniable vu son esprit et son caractère unique que Drancy devra être considérée comme la porte de la province. Drancy ne sera jamGis la proche banlieue du grand paris, elle gardera son identité à condition d’accepter ce qui est inscrit dans ses gènes : rester en marche, toujours aller de l’avant à la croisée des chemins entre avant gardisme et esprit campagnard. Le fantasme de la ville à la campagne a peut-être aujourd’hui trouvé son terrain de JE.


PNSU et syndrôme du Hub
(familièrement surnommé syndrôme (h)ubuesque)

Un PNSU à l’échelle du grand Paris, c’est un peu lourd à porter pour une seule ville.
Suite à son rôle prépondérant dans la logistique déportationiste Drancy a fini par refouler une névrose que nous appelleront le syndrôme du Hub. Mais ce qui semble aujourd’hui plus préoccupant psychanalytiquement parlant est que cette névrose perdure aujourd’hui plongeant la ville dans le plus grand désarrois à l’heure ou beaucoup de ses voisines se réjouissent des évolutions apportées par le projet du Grand Paris.

En effet, Drancy a beau réclamé l’arrivée d’une station de métro ou tram en son centre, il n’en est rien. Comme si on lui rappelait en permanence que plus jeune elle avait refusé de se faire pénétrer et qu’aujourd’hui l’envie n’était plus là… Condamnée à restée seule avec ces quelques lignes de bus, elle ne semble pas invitée à participer à l’échangisme des compétances communautaires. Pire encore, elle doit en plus assumer un autre type de transport, celui des matières dangeureuses venues de partout lui rire au nez !
On voit même passer des castors radioactifs

PNSU = la gare de triage :
En rouge le périmètre de sécurité imposé par la préfecture (620m autour d’une partie de la gare de triage).
En orange le périmètre s’il tenait compte de la partie Est de la gare (zone d’arrivée des wagons). On peut comprendre qu’il est difficile pour un préfet de dessiner une forme aussi obsène, mais il doit y avoir une autre explication à un tel dessin.


Extrait d’une note de la mairie

Regardons le tracé des transports en commun prévu pour le Grand Paris.
On voit bien qu’aucune liaison ne se fait avec Drancy, comme si le Grand Paris tournait le dos à la ville, pour ne pas dire lui montrait son arrière train ! Au niveau de Drancy, c’est donc une sorte de triangle des bermudes qui apparaît, triangle dont un des sommets est la gare du Bourget, futur Hub de la grande ceinture parisienne.

Les études de cas

Retour à la carte